Joseph Poisle Desgranges

Résumé

Joseph Poisle Desgranges L’Enfant du soldat

Piller dans une église ou dans une maison, C’est un crime. L’honneur doit guider la raison. « Ne souillons pas nos mains après une bataille, Soupirais-je, il vaut mieux s’endormir sur la paille Qu’entre les draps des morts qu’on a su dépouiller... » Des cadavres épars semblaient me surveiller : J’en rencontrai partout. Leurs horribles visages Me faisaient détester la guerre et ses ravages. Où la guerre a passé que les champs sont donc laids ! On y heurte des corps, des têtes, des boulets, Des fusils, des schakos ou bien des baïonnettes, Des chevaux mutilés ou bien d’affreux squelettes.
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Joseph Poisle Desgranges L’Enfant du soldat

Mais Catherine était rêveuse ; car la guerre La faisait pour son fils trembler à tout moment. « Il sera militaire, ah ! pour moi quel tourment ! S’il est brave, en tous lieux je ne pourrai le suivre. La mort peut le frapper ; moi, je veux le voir vivre ! Que m’importent la gloire et les grands mots d’honneur Si je perdais mon fils, j’en mourrais de douleur !... » J’essayais de mon mieux à calmer Catherine ; Mais l’amour maternel est la flamme divine, On peut l’entretenir, on ne l’éteint jamais.
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Joseph Poisle Desgranges L’Enfant du soldat

Mais l’enfant du soldat portait seul la blessure. Je ne suis pas poltron, amis, je vous le jure ; L’émotion pourtant m’avait troublé les yeux ; Mes jambes qui tremblaient fléchirent toutes deux. « Bon, il se trouve mal devant la fusillade, dirent les compagnons. Qu’as-tu donc camarade ? - Oh ! je n’ai rien... Pardon !... » Et puis, je m’affaissai En murmurant tout bas : « Le petit est blessé !... »
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