Résumé

Portrait de Olivar Asselin Olivar Asselin Correspondance - Lettre d’octobre 1918

L’été nous irons ensemble faire la pêche dans la Gaspésie, et si je tombe à la mer, ma jambe de bois et mon bras de liège m’empêcheront d’aller au fond, et les requins se casseront les dents sur ma jambe de bois, et la baleine qui voudra m’avaler, comme Jonas, se coupera la bedaine sur mon l’estomac avec mon œil de verre. La guerre n’est pas aussi dangereuse qu’on le croit.
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Portrait de Olivar Asselin Olivar Asselin Correspondance - Lettre d’octobre 1918

Plus tard, s’il y a encore des Allemands, et qu’ils attaquent encore des femmes et des enfants sans défense, et qu’ils veulent encore écraser la belle race française à laquelle tous tes grands-papas, toutes tes grand’mamans, ton papa et ta maman et toi appartenaient, toi aussi tu t’enrôleras, et toi aussi tu tueras autant d’Allemands que tu pourras. Et Paul fera de même, et Jean aussi. Et si ta maman et ton papa vivent encore, ils seront fiers de toi. La guerre finira bientôt, et papa ira alors vous retrouver, pour vous raconter tout ce qu’il aura vu.
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Portrait de Olivar Asselin Olivar Asselin Correspondance - Lettre d’octobre 1918

Moi je sais bien que tu es maintenant un petit homme, capable de me remplacer auprès de ta maman si je me faisais tuer : c’est pour cela que je n’ai pas peur de retourner à la guerre. D’ailleurs, je ne vais pas à la guerre pour me faire tuer : j’aime trop ta maman, et mes petits [?] trois beaux ⁁et grands garçons. J’y vais pour débarrasser la terre de quelques Allemands avant que le petit Père Foch ait écrabouillé tous ces [sal ?] cochons-là. Il faut savoir haïr les Allemands, et tous ceux qui leur ressemblent.
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