Émile Goudeau

Émile Goudeau

Résumé

Portrait de Émile Goudeau Émile Goudeau Fleurs du bitume

Comme des nains bossus agitaient de grands bras.
D’autres, parmi le bruit et parmi les huées,
Ivres, et revêtus d’habits de croque-morts,
Portaient des cercueils pleins d’illusions tuées
Dont je ne reverrai les âmes ni les corps.
Que de rêves défunts d’héroïsme ou de gloire,
Quels cadavres d’amours souillés de fange noire
Ont roulé sous les pieds des spectres du Remords !
Puis tous les nains bossus et tous les gueux immondes,
Avec la joie atroce et funèbre du Mal,
Autour de ces débris commencèrent des rondes
Que guidait invisible un orchestre infernal.
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Portrait de Émile Goudeau Émile Goudeau Fleurs du bitume

Qu’on aurait dit un spectre affreux de trépassé.
Tout à coup, une voix terrible, intérieure,
Fit retentir mes nerfs, et, sortant malgré moi
De ma bouche fermée, elle emplit ma demeure
D’un cri lugubre, et j’eus peur sans savoir pourquoi.
La voix disait avec un rire métallique :
« Voici tes gueux ! voici tes morts ! voici ta clique !
Maudit ! vois tes remords qui passent devant toi ! »
Dans la glace ils marchaient, les uns après les autres,
Tous les actes mauvais et louches, le front bas,
Mâchonnant dans leurs dents d’obscènes patenôtres
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