Ernest Depré

Élements biographiques

Portrait de Ernest Depré Ernest Depré Jacques le bûcheron

Certes, cela vaut mieux ! — Car, du moins, c’est la guerre,
C’est la guerre en plein jour, sans ombre, sans mystère,
Sans noire trahison ; s’il vous faut expirer,
La mort paraît moins dure à qui peut espérer !
Mais tuer pour tuer, lutter un contre mille,
Dépenser au combat un courage inutile,
Sans qu’on vous sache gré de votre obscur trépas,
Malgré tout son grand cœur, il ne le pouvait pas !
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Portrait de Ernest Depré Ernest Depré Jacques le bûcheron

Et, comme un noir essaim de voraces corbeaux
S’abat sur un cadavre et le met en lambeaux,
Eux, les chacals hurleurs, déchiquetaient la France.
Sedan avait brisé les cœurs ; toute espérance
De vaincre allait de plus en plus diminuant :
Paris seul les faisait tressaillir, en songeant
Que bientôt ils verraient la ville frémissante
Apparaître, à travers une lueur sanglante.
Le soir tombait. — Assis, sombre et silencieux,
Jacques, le bûcheron, l’homme au vaillant courage
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Portrait de Ernest Depré Ernest Depré Jacques le bûcheron

Comme le vent d’été grandit avant l’orage. —
Le bourg entier, la veille, avait plié bagage,
Et tous, femmes, enfants, vieillards, étaient partis,
Les plus grands désignant la route aux plus petits.
Lui seul était resté pour garder la malade !
Il avait bien pensé faire une barricade,
Rassembler les amis dispersés dans les bois
Et tenter la défense une suprême fois...
Mais il comprit fort bien que c’eût été folie
D’aller, sur un obscur enjeu, risquer sa vie,
Sans profit pour les siens, et sans utilité
Pour ceux dans l’intérêt desquels on a lutté.
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