Paul Musurus

Élements biographiques

Portrait de Paul Musurus Paul Musurus Revue des Deux Mondes

Parfois auprès des flots, humant leur souffle amer,
J’évoque ta grande âme orageuse, ô Shakspeare,
A l’heure où la Lumière avec lenteur expire
Et, pâle infiniment, décline vers la mer.
Là, sur l’ample oreiller de l’onde occidentale,
Comme ta Desdémone, ô Poète, Elle étale
L’or de sa chevelure au chaud ruissellement,
Et, parmi les rougeurs d’un ciel tragique et sombre,
Se couche pour mourir et s’éteint longuement
Sous l’étreinte du Soir qui l’étouffe dans l’ombre.
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Portrait de Paul Musurus Paul Musurus Revue des Deux Mondes

La flamme a déserté son foyer circulaire,
Et maintenant mon Cœur est comme une onde claire
Qui double en son cristal ton visage charmant.
Vois ce lac. — Ici même, aux premiers jours du monde,
Un volcan bouillonnait dont la rumeur profonde
Semblait le grondement d’un monstre furieux ;
Mais le Seigneur, au gouffre ayant dit de se taire,
De la lave restée aux flancs du vieux cratère
A fait une eau limpide où se mirent les Cieux.
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Portrait de Paul Musurus Paul Musurus Revue des Deux Mondes

De l’astre ardent du Beau pâlir aussi la flamme,
Où d’un geste alangui notre main laisse choir,
Aux mourantes clartés qui tombent du vitrage,
La plume, le burin, la brosse ou l’ébauchoir.
Ame désenchantée et qu’un rien décourage,
Tu dis : — « L’Art n’est qu’un leurre et la Gloire nous ment ;
« Insensé qui poursuit ce double et vain mirage !... »
— Non, non, reprends ton œuvre, et bénis ton tourment !
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