Gaëtane de Montreuil 

Résumé

Gaëtane de Montreuil  Une tombe dans la forêt

C’est l’homme qui l’a faite, et l’arbre malheureux,
Page trente
Dans sa lente agonie est une flétrissure !
Le mourant séculaire allonge sur le roc,
Comme des doigts crispés, ses racines saillantes ;
La gigantesque main enserre un large bloc,
Que les ans ont vêtu de leurs mousses luisantes ;
En un cercle incliné, neuf autres pins géants,
Autour d’un oasis, s’allignent dans la côte ;
Un enclos, enfoui sous les débris croulants
De ce qui fut un mur, conserve côte à côte,
Deux tablettes de marbre, où l’on a par deux fois
Gravé le même nom et la date fatale.
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Gaëtane de Montreuil  Une tombe dans la forêt

Voyez ce frêle arbuste, il ronge encor mes os,
Il a bu tout le sang vermeil de ma poitrine ;
Cette fleur, c’est mes yeux, que l’on disait si beaux,
Ce bouton frais éclos, ma lèvre purpurine...""
Puis, le chêne s’est tû. Sur l’herbe vient rouler
Une perle d’iris, tombant de chaque feuille...
Et je vois, en rêvant, les grands arbres pleurer,
Tandis que la forêt s’assombrit, se recueille.
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