Gaëtane de Montreuil 

Élements biographiques

Gaëtane de Montreuil  Les Fiancés de la Mort

Ne vous attristez pas, ne versez point de pleurs ;
La mort les a choisis, sur les champs de bataille,
Pour féconder la vie avec leur sang vermeil :
La gloire leur prépare un sépulcre à leur taille
Et notre gratitude un linceul sans pareil"...
O France, c’était toi, va, je t’ai reconnue,
Qui disais à mon cœur ces paroles d’espoir,
C’était la voix des morts que j’avais entendue,
Des humbles morts sans nom, si grands sans le savoir.
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Gaëtane de Montreuil  Quand la mort me prendra

Dont j’aurai de mes pleurs arrosé le chemin,
Si vous venez, un jour, rêveuse, sur ma tombe,
Que le rêve soit doux qui conduise vos pas ;
Que sur moi de vos yeux nulle larme ne tombe,
Mon cœur en souffrirait jusque dans le trépas.
De l’immense au-delà je saurai le mystère,
Mon âme planera dans l’espace infini
Et, parfois, dirigeant son essor vers la terre,
Viendra se reposer sous votre toit béni ;
J’entendrai votre rire et la chanson joyeuse
Que vous direz, peut-être, en vous ressouvenant ;
Puis je repartirai, légère voyageuse,
Rafraîchie et contente, au ciel bleu m’élevant.
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Gaëtane de Montreuil  Les Fiancés de la Mort

Et ses plus beaux accents sont par elle inspirés ;
Pour lui, chanter l’amour est une bagatelle,
Et les vers sans efforts paraissent soupirés ;
Il peut dire à la gloire : "Avance, reie telle
Qu’en Grèce la Beauté devant toi s’inclinait
Et que, souventes fois, à la vertu cruelle,
Tu passais en broyant un cœur qui te suivait,
Quand défile un cortège en voiles de tristesse,
Il peut, dans l’élégie, aussi dire à la mort :
"De l’humaine grandeur montrant la petitesse,
Tu révèles le Ciel en corrigeant le sort."
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