Théodore de Banville,
La Mort du Poëte
“ Car, lorsque brille au loin dans un horizon sombre Un éclat vif et beau, Tous ceux qui sur nos fronts ne règnent que par l’ombre Éteignent le flambeau. Toute clarté leur jette, innocente ou hardie, Un désespoir amer ; En effet, l’étincelle est tout un incendie, La source est une mer ! Aussi lorsqu’ils ont vu nos astres sur leur route Avoir mille rayons, Ils ont appesanti l’épais brouillard du doute Sur ce que nous croyons. Lorsque nous leur disions nos chants, des chants sublimes Qu’ils ne comprenaient pas, Ils les examinaient, ces éplucheurs de rimes, Avec leur froid compas ! ”
