Émile Verhaeren,
L’AIR SE DURCIT
“ Vous perforez le cœur transi de l’étendue ; Tout devient crainte, attente et misère tordue Entre les dents du froid qui mord comme les loups. L’eau se crispe et se serre et bleuit dans les mares ; Le dallage se sèche autour du vieil évier ; Les chats, pour le foyer, désertent le grenier ; Le lait ne caille plus dans le giron des jarres. Et la cloche, qui sonne et sonne l’angélus, Change de voix pour annoncer que les journées Pleines d’abeilles d’or sont à leur tour fanées Et que les clairs boutons des roses safranées Sur leurs tiges d’orgueil ne s’entr’ouvriront plus. ”
