Crémont-Brieu

Élements biographiques

Crémont-Brieu L'hiver (1854)

Quand la nature en proie à l'agonie Ne montre plus que le front d'un vieillard ; Que du soleil, voilé par le brouillard, Tombe à nos pieds la chaleur refroidie ; Quand l'aquilon de son souffle ennemi Va transformer le grabat en glacière, Que sur son sein une mère en prière Presse en tremblant son enfant endormi, Que de chagrins, de plaintes et d'alarmes, Que de pensers tristes et douloureux, Que de soupirs, de sanglots et de larmes, Hiver maudit, te doit le malheureux !..
Source : Gallica

Crémont-Brieu L'hiver (1854)

Quand du vallon s'effeuille la beauté, Que du gazon la neige a pris la place , Que le ruisseau, prisonnier sous la glace, Ne roule plus son onde en liberté ; Quand le bocage a perdu ses mystères, Le rossignol son chant mélodieux, Quand on ne voit plus d'azur dans les cieux, D'épis aux champs ni de fleurs aux parterres Que le berger, sous le tertre abrité, D'un œil rêveur mesure la campagne, Qu'il n'entend plus l'écho de la montagne Au chant du soir répondre avec gaité
Source : Gallica

Crémont-Brieu L'hiver (1854)

Dors, mon enfant, doux fruit de ma tendresse, Tu ne sais pas ton malheureux destin, Tu ne sais pas la douleur qui m'oppresse ; Dors. dors. tes cris redoublent ma tristesse, Pour toi je mendierai demain!
Moi mendier! ôsort impitoyable !
Me faudrait il subir un tel affront?..
Non !.. de mourir je serais moins coupable Que d'imprimer le sceau du misérable, () mon enfant, sur ton bien-aimé front !
Source : Gallica

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