Elisabeth Heyking,
La Revue blanche
“ Et les morts nul vide ne laissent : Toujours se trouve un chien de Mongolie Pour garder la maison de Mélancolie. (Pékin.) VILLE DE SOUFFRANCE Quand je te vis d’abord, ville triste et grise, D’un indicible effroi mon âme fut prise. Je sentis sur le cœur un poids Et il me parut entendre une voix Qui me murmura sourdement : C’est là que tu souffriras longuement. De longues files de chameaux surchargés S’avancent vers toi le cou baissé. Ils ont traversé le désert immense, Ils ont connu la soif intense Et maintenant ils entrent lentement Dans la ville où l’on souffre longuement. ”

