Résumé

Portrait de André Theuriet André Theuriet Le Parnasse contemporain/1876

Étoiles, vous fuyez aux rougeurs de l’aurore ;
Ainsi dans le brumeux oubli qui les dévore
Se perdent nos amours, nos gaîtés, nos printemps...
Du moins vous renaîtrez, étoiles fortunées,
Vos guirlandes le soir au ciel refleuriront ;
Mais nous, quand la jeunesse a fui, sur notre front
Nous ne retrouvons plus nos couronnes fanées.
La vie humaine, au soir, sans rayon ni flambeau,
Se traîne en tâtonnant jusqu’à la froide couche
Où la Mort, appuyant son doigt sur notre bouche,
Nous endort dans la nuit sans astres du tombeau.
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Portrait de André Theuriet André Theuriet Le Parnasse contemporain/1876

Fait rouler lentement son char mystérieux.
Cassiope égrenant son collier radieux,
La Chèvre et le Bouvier, les Pléiades fleuries
Disposent à l’entour leurs calmes théories.
Tout flamboie ; on dirait que le ciel s’est ouvert,
Et jusqu’aux horizons où le regard se perd
Le Chemin de Saint-Jacque aux blanches avenues
Plonge dans l’infini ses routes inconnues...
Étoiles, fleurs d’argent des jardins de la nuit,
Vous qui vous entr’ouvrez au ciel crépusculaire
Comme pour rassurer les hôtes de la terre
Sur la fuite du jour, des couleurs et du bruit,
Étoiles, je vous aime !
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