Résumé

Edmond Géraud Le Voyage de Marie Stuart

Un jour est désormais un siècle de retard.
Il faut partir : Marie,en sa douleur amère,
Du sommet de la poupe un moment considère
Ces marins, ces soldats autour d’elle empressés,
Ces voiles où des vents vient mugir la colère,
Et ces créneaux flottants de canons hérissés.
Mais lorsque le léger navire
S’éloigna tout-à-coup de ces bords gémissants :
Lorsqu’elle vit s’enfuir et ce port qu’elle admire,
Et ces plaines dont le sourire
Accueillit ses plus jeunes ans ;
L’infortunée alors, cédant à ses alarmes,
Sentit son cœur pressé d’un grand désir de larmes
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Edmond Géraud Le Voyage de Marie Stuart

« Pour franchir la liquide plaine,
O Marie ! ô guerriers ! quel temps choisissez-vous ?
Modérez, imprudents, l’ardeur qui vous entraîne,
Et des vents déchaînés redoutez le courroux.
Déjà de l’humide pléiade
L’urne se répand à grands flots ;
Déjà l’enceinte de la rade
Abrite les vieux matelots.
L’hiver s’avance, nos rivages
Sont battus par les aquilons ;
Et, messagère des orages,
La grue a fendu les nuages
De ses anguleux bataillons.»
Présage vain ! inutile menace !
Ni l'onde qui mugit, ni ses gouffres ouverts
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