Edmond Haraucourt

Edmond Haraucourt

Résumé

Portrait de Edmond Haraucourt Edmond Haraucourt Les Deux Portraits

Je pouvais la voir à toute heure, et, chaque matin, j’arrivais, dès l’ouverture du Musée. Nous passions nos journées ensemble, à deviser ; je racontais des choses, mes pensées, ma passion, et elle souriait ; mes lèvres envoyaient des baisers à sa gorge nue, et elle souriait encore. Cela nous suffisait : aux premiers moments de l’amour, on se contente d’espérances ; la complicité des âmes est si prodigue de désirs avoués et de volupiés promises, l’imagination donne tant, que la chair ne demande rien ; on n’exige pas le présent, puisqu’on possède l’avenir.
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Portrait de Edmond Haraucourt Edmond Haraucourt Les Deux Portraits

Le malaise, à force de se prolonger, devint une tristesse, la tristesse une angoisse, et il ne faut pas vous moquer de moi, docteur, car j’étais vraiment un homme malheureux.
Vous savez bien qu’on s’énerve, à la fin, de ne pas pouvoir ce qu’on veut, de vouloir ce qu’on ne peut pas, et de continuer à vouloir, et de tourner toujours dans le même cercle, comme un cheval de bois dans un manège de foire, qui s’emporte à galoper sur place, et qui ne doit pas s’arrêter.
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