Edmond Haraucourt,
Les Deux Portraits
“ Je pouvais la voir à toute heure, et, chaque matin, j’arrivais, dès l’ouverture du Musée. Nous passions nos journées ensemble, à deviser ; je racontais des choses, mes pensées, ma passion, et elle souriait ; mes lèvres envoyaient des baisers à sa gorge nue, et elle souriait encore. Cela nous suffisait : aux premiers moments de l’amour, on se contente d’espérances ; la complicité des âmes est si prodigue de désirs avoués et de volupiés promises, l’imagination donne tant, que la chair ne demande rien ; on n’exige pas le présent, puisqu’on possède l’avenir. ”
