Emmanuel Des Essarts,
Le Parnasse contemporain/1876
“ Avec ces longs baisers qu’un être faible craint ; Car il faut bien qu’elle le sente ! Si la caresse en feu pouvait ressusciter — Comme une plante que ranime Le soleil se hasarde heureuse à palpiter — Tu renaîtrais, douce victime. La lèvre est impuissante, hélas ! et dans ces bras Tendres et vigoureux pressée Tu ne vibreras point et ne sentiras pas L’existence recommencée. Mais lui, buvant son rêve à flots, et tout le jour A genoux devant elle nue, Il inonda son cœur de ce stérile amour Et s’enivra de cette vue ”
