Résumé

Robert Luzarche Le Parnasse contemporain/1866

Parfois j’ai vu passer un masque étrange et beau.
Ce masque est souriant, mais de secrètes fièvres
L’ont sillonné de plis et couvert de pâleur,
Et dans le rire fier dont s’animent les lèvres
Couve discrètement l’immuable douleur ;
Car il lui plaît d’errer dans la cohue immonde
La raillerie au front, le deuil au cœur, armé
Du rire, masque pris pour traverser le monde
Comme on traverse un lieu suspect et mal famé.
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Robert Luzarche Le Parnasse contemporain/1866

L’un d’eux, s’enhardissant, dit : C’est un huguenot !
— A mort ! dirent alors les autres. À ce mot,
Hommes, femmes, enfants surgirent dans la rue,
Et les femmes criaient : Nous voulons qu’on le tue !
Mais d’Aubigné rêvait ; il ne semblait pas voir
Que les cailloux déjà commençaient à pleuvoir,
Et laissant au fourreau sa fidèle rapière,
Il demeurait pensif et muet. Une pierre
Fut tout à coup lancée et l’atteignit au front.
Le proscrit tressaillit d’abord à cet affront,
Puis, se rassérénant et tourné vers les drôles,
Sourit sans amertume en haussant les épaules.
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