Théodore de Banville,
Les Cariatides
“ Morde leurs seins polis et vise à leurs prunelles, Elles ne baissent pas les regards pour si peu. Même le lourd amas des pierres solennelles Sous lesquelles Atlas plierait comme un roseau, Ne courbera jamais leurs têtes fraternelles. Car elles savent bien que le mâle ciseau Qui fouilla sur leurs fronts l’architrave et les frises N’en chassera jamais le zéphyr et l’oiseau. Hirondelles du ciel, sans peur d’être surprises Vous pouvez faire un nid dans notre acanthe en fleur : Vous n’y casserez pas votre aile, tièdes brises. ”
