Véga, Poésies (Alice Vega, 1915)
“ Plus beaux dans la splendeur dont le ciel les revêt Que le plus grand de nos monarques ; Sur le front du Martyr, leurs calices soyeux Et leurs baumes, mêlés aux larmes de nos yeux, Laveront les sanglantes marques. Dans l’albâtre et l’argent, j’ai pris Les aromates de grand prix, Le nard pur, l’aloès, la myrrhe, Pour en oindre ces pieds troués, Qui sur la croix furent cloués, Ce corps plus pâle que la cire. Nous voulons, ce matin, l’embaumer de nouveau, Mais le roc est si lourd qui ferme le caveau, Si faibles sont nos mains de femme ! ”
