Résumé

Véga Poésies (Alice Vega, 1915)

Plus beaux dans la splendeur dont le ciel les revêt
Que le plus grand de nos monarques ;
Sur le front du Martyr, leurs calices soyeux
Et leurs baumes, mêlés aux larmes de nos yeux,
Laveront les sanglantes marques.
Dans l’albâtre et l’argent, j’ai pris
Les aromates de grand prix,
Le nard pur, l’aloès, la myrrhe,
Pour en oindre ces pieds troués,
Qui sur la croix furent cloués,
Ce corps plus pâle que la cire.
Nous voulons, ce matin, l’embaumer de nouveau,
Mais le roc est si lourd qui ferme le caveau,
Si faibles sont nos mains de femme !
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Véga Poésies (Alice Vega, 1915)

Vos yeux dont le regard guérit, Seigneur Jésus,
Vous sans qui nous ne saurions vivre !
Heureux les affligés qui pleurent sur un corps !
Nous n’avons qu’une pierre nue ;
Le Seigneur est perdu dans la foule des morts,
Englouti par l’ombre inconnue.
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