Émile Verhaeren,
UNE HEURE DE SOIR
“ La lune aussi, au fond du puits Laisse tomber sa pâleur éternelle. Mon cœur est un quartier de chair, Un bloc de viande saignante, Mon cœur bat, seul, au fond du puits, Contre un morceau de lune ardente. — Le silence et le grand froid ; Et, par la nuit, le vague effroi D’un ciel plein d’astres en voyage — Au fond des citernes de mort, Mon cœur s’acharne et bat encor À coups de fièvre, sur la lune. La lune à lui, parmi les eaux, s’allie ; La lune est un visage étincelant ; La lune est un hiver de miroirs blancs Sur l’eau des Nords du sort ”
