Eugène Mestépès et Émile Chevalet – Musique de Jacques Offenbach

Élements biographiques

Eugène Mestépès et Émile Chevalet – Musique de Jacques Offenbach Le Violoneux

REINETTE, un peu rêveuse. Mon pauvre parrain !
PIERRE. Laissez donc. J’sais ben pourquoi il tient tant à son méchant violon d’30 sous, vu qu’il a dit d’vant moi qu’il ne l’donnerait pas pour un gros sac d’écus. C’est tout uniment parce qu’il lui sert à jeter des sorts à ceux-là dont la figure l’chiffonne... à moi tout l’premier, sans aller plus loin.
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Eugène Mestépès et Émile Chevalet – Musique de Jacques Offenbach Le Violoneux

MATHIEU, haussant les épaules. Moi ! mignonne, et comment ?
REINETTE. En vendant vot’violon.
MATHIEU, le serrant dans ses bras. Jamais !
REINETTE. Je n’vous comprends plus, mon parrain.
MATHIEU. Ceci me regarde. (À part.) Qui sait !... je réussirai peut-être. Je ne suis guère le bienvenu au château ; mais un jour de noce, et puis elle est si bonne, la demoiselle du château. (Haut.) Attends-moi là, mignonne ; je reviens dans un instant.
(En courant, son bâton cogne son violon ; il s’arrête tout ému.)
REINETTE, allant à lui. Qu’avez-vous, mon parrain ?
MATHIEU. Rien... rien...
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Eugène Mestépès et Émile Chevalet – Musique de Jacques Offenbach Le Violoneux

Il a la main moite comme un serpent.
MATHIEU. Comment vont les sabots depuis que je n’ai eu le plaisir de te voir ?
PIERRE, cherchant à se dégager. Pas mal... comme vous voyez, merci, et vous ? (Il se dégage, souffle vivement dans sa main et l’essuie sur sa culotte comme pour détruire le charme.)
MATHIEU. Regarde-moi donc en face. On dirait que je te fais peur.
REINETTE, vivement. Excusez-le, mon parrain, Pierre est un peu timide.
MATHIEU. Je comprends. Rassure-toi, mon garçon. Que diable ! je ne t’adresse pas de reproches. Il n’est pas défendu d’aimer une jolie fille.
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