Alphonse Allais

Alphonse Allais

Résumé

Portrait de Alphonse Allais Alphonse Allais Le coup du Larousse

Je me demandai longtemps si mon procédé avait été bien délicat : à l’heure qu’il est, je ne suis pas encore fixé.
Le pire, c’est que je ne rencontrai jamais le pauvre malhonnête homme sans le forcer à me payer un bock, et je trinquais ainsi : « À la tienne, immonde fripouille ! »
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Portrait de Alphonse Allais Alphonse Allais Le coup du Larousse

Le soir même, comme je parlais de l’affaire devant des amis, un étudiant riche me proposa de lui céder mon Larousse pour 400 fr.
Pensez si je topai ! En un clin d’œil les 400 fr. furent dans ma poche, et le ballot au sein du coquet petit appartement de mon ami, l’étudiant riche.
Par pure complaisance, je passai chez le bouquiniste :
— Ne vous occupez pas, lui dis-je, de me chercher quelqu’un pour mon Larousse... je l’ai vendu.
— Vous... l’avez... vendu ?
— Je l’ai vendu à un de mes amis.
— Vendu ?
— Vendu et livré.
— Livré !
Je crus que le vieux allait s’évanouir.
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Portrait de Alphonse Allais Alphonse Allais Le coup du Larousse

Ah ! le pauvre vieux n’en menait pas large !
Il se traînait à mes pieds, me suppliant de ne pas déshonorer ses cheveux blancs (il avait des cheveux jaunes) , sa femme (il était veuf depuis trente-cinq ans) et ses enfants (il n’avait jamais eu d’enfants) .
Mais moi, je continuais à le traiter d’usurier et à le menacer du procureur de la République.
À la fin, je proposai un arrangement amiable :
Il livrerait un vrai Larousse à mon ami l’étudiant riche.
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