Résumé

Armand Renaud Poésies de Armand Renaud

Ils n’entendaient du chant que ses cadences molles,
Que sa tristesse et sa langueur.
Et par la loi fatale, innée en la sirène,
Ce chant leur apportait l’ivresse souveraine,
La volupté qui frappe au cœur.
Et maintenant le chef se tait. Et le pilote
Laisse aller le navire. Au gré de l’onde, il flotte
Entre les pointes de rocher.
Et le chant continue. En dehors on se penche.
On se sent une soif d’oubli que rien n’étanche.
On voudrait dans l’eau se coucher.
De plus en plus le chant devient rêveur et tendre
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Armand Renaud Poésies de Armand Renaud

« Et si le noir Destin demain me venait dire :
— « Veux-tu changer de rôle, être un des insensés
« Qui, lorsque ton gosier magique les attire,
« Par les poulpes hideux, sous l’eau, sont enlacés ?
— « Oui, je le veux, crierais-je, ivre de trop de joie.
« Qu’on m’ôte mon palais sous l’eau pâle dormant !
« Lasse d’être bourreau, je vais devenir proie ;
« Je pourrai croire enfin, moi le monstre qui ment. »
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