Résumé

Gabriel Blanchard Conférences inédites de l’Académie royale de peinture et de sculpture

Oui, Messieurs, puisque nous faisons le procès à la couleur, nous le faisons non seulement à Zeuxis, mais même au Titien, l’un et l’autre favoris de leurs princes, comme ils l’ont été de la peinture. Nous le faisons au Giorgione, à Tintoret, à Véronèse et à tous les Lombards, à Rubens et à toute son école. Et tout le crime de ces grands hommes est d’avoir été sensibles au charme de la couleur.
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Gabriel Blanchard Conférences inédites de l’Académie royale de peinture et de sculpture

L’homme a cela de commun avec les végétaux qu’il croît, avec les brutes qu’il sent, et n’est homme que par la raison ; et l’on peut fort bien dire que celui-là est plus homme qui se sert le mieux de sa raison. Le peintre a de commun avec tous ceux qui font profession des beaux-arts qu’il imite la nature, avec les sculpteurs et les graveurs qu’il dessine, et n’est peintre que par la couleur, de sorte que l’on peut raisonnablement dire que celui-là est plus savant peintre, lequel possède mieux cette partie de la peinture que nous appelons couleur et la sait mieux mettre en usage.
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Gabriel Blanchard Conférences inédites de l’Académie royale de peinture et de sculpture

Pour ce qui est de ceux qui se sont adonnés au dessin plutôt qu’à la couleur, laquelle ils ont, si vous voulez, négligée, je n’en suis point surpris ; le dessin a ses beautés, il a ses charmes, et vous savez que c’est un bien d’autant plus considérable qu’il coûte de temps, de soins et de veilles, et que, pour le posséder dans sa perfection, c’est un terme qui n’est pas assez long que celui de la vie.
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