Résumé

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert Chevrin et le Roi de Prusse

Ce n’était rien moins qu’un âne en toutes ses parties.
Chevrin resta muet à cet aspect, toutes ses espérances déchues, toutes ses illusions envolées comme un brouillard. Oh ! combien d’illusions, d’espérances, de rêves d’ambition se sont envolés comme un brouillard ! Oh ! combien d’illusions, d’espérances, de rêves d’ambition se sont évanouis devant... une tête d’âne !
Il lui vint une idée, non à l’âne, mais à l’homme. Il pensa que le roi oubliait ses services, qu’il abandonnait son ancien ami de bataille, et il pleura. Oh ! combien de pleurs ont coulé devant une tête d’âne !
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Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert Chevrin et le Roi de Prusse

Elle arrive enfin à Voltaire qui, criant plus fort en sa qualité de philosophe, dit au· roi :
— Ah ! sire, je n’ai jamais rien vu de si ressemblant.
Le roi, qui se ressouvenait du présent qu’il avait fait à Chevrin, croyait que c’était une représaille ; il trépignait d’indignation, était rouge de colère, et enfin, n’en pouvant plus, il se jette sur le portrait, le regarde et dit ensuite :
— Je prenais mon portrait pour celui d’un âne.
Or on convint qu’il n’y a pas grande différence entre la tête d’un roi et celle d’un âne, puisque le possesseur s’y méprend.
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Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert Chevrin et le Roi de Prusse

C’était à la table du roi de Prusse ; arrivé au dessert, Chevrin tire une boîte de sa poche ; c’était la certaine petite boîte qui contenait le portrait d’âne, mais cette fois elle était ouverte, et chacun, prenant une miniature renfermée dedans, regardait le roi scrupuleusement et ramenait ses yeux vers la peinture disant : « Oui, c’est bien lui, sa bouche mi-ouverte semble parler ; c’est bien là ses larges narines et ses grands yeux ouverts. »
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