Henry Prunières

Henry Prunières

Résumé

Portrait de Henry Prunières Henry Prunières Erik Satie

Satie, plus jeune d'esprit qu'à vingt ans, veut donc sortir de l’impressionnisme. Il regarde en souriant dans sa barbiche avec une ironie bienveillante certains musiciens s'engager précipitamment dans la ruelle du cubisme. Il sait que c'est une impasse et qu'ils feront demi-tour comme les peintres qui les y ont précédés. Lui se soucie peu de les suivre, il se recueille et travaille. L'œuvre qu'il vient de nous donner ne ressemble à rien de ce qu'on connaît et ne paraît pas pouvoir être imitée, mais elle renferme une grande leçon de simplicité et de sagesse.
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Portrait de Henry Prunières Henry Prunières Erik Satie

On ne saurait comparer Socrate à aucune œuvre de la littérature musicale moderne. D'instinct Satie rejoint à travers les âges les créateurs de la monodie dramatique dont sans doute il connaît à peine les noms : Jacopo Peri, Caccini, Emilio del Cavaliere... Comme eux il s'efforce de concilier dans le chant les exigences contradictoires du texte et de la musique : la mélodie renonçant à faire un sort à chaque mot, épouse le contour général de la phrase, se conforme à son rythme, à sa sonorité, en renforce le pouvoir expressif.
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Portrait de Henry Prunières Henry Prunières Erik Satie

Socrate va troubler ceux qui ne voient, en son auteur, qu'un humoriste, un Alphonse Allais de la musique, sans pressentir la portée de ses créations.
À une époque où Debussy était encore sous le charme de Parsifal, Satie eut l'intuition que la construction symphonique du drame lyrique, que le système du leit motiv avaient fait leur temps, que l'évolution de l'art allait éloigner la musique des formes architecturales et l'incliner vers une conception moins intellectuelle et sentimentale, plus sensuelle et instinctive.
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