Jeanne Philomène Laperche

Résumé

Jeanne Philomène Laperche L’Île inconnue

Dans les couches intermédiaires, la haine très vivace était entretenue par le souvenir des défaites, des invasions audacieuses, des revendications injustes, par l’incompréhension, l’ignorance et l’envie. Dans les classes supérieures, elle était très atténuée. En France, aujourd’hui encore, on déteste les Anglais parce qu’ils nous ont vaincus à Waterloo, qu’ils viennent à l’Opéra en costumes de touristes, qu’ils remplissent de colis sans nombre les compartiments de chemin de fer.
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Jeanne Philomène Laperche L’Île inconnue

Quant aux Français, la plupart évitent systématiquement d’aller en Angleterre, persuadés qu’ils n’ont rien à y apprendre. Lorsqu’ils y vont pour leurs affaires, ils ne voient que le vilain climat, le ciel gris, et reviennent avec la douce conviction que tout est mieux chez eux.
On comprend difficilement que deux peuples aussi proches voisins n’aient pas tenté un effort pour se comprendre mieux. L’ignorance mutuelle de la langue est la cause de tous les malentendus entre John Bull et Madame la France.
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Jeanne Philomène Laperche L’Île inconnue

Et cependant, ce n’est pas sans dessein que la Providence a placé Anglais et Français en face les uns des autres. L’élément masculin et l’élément féminin doivent exister dans tout l’univers, chez le Créateur même. Les races saxonnes et germaines sont éminemment masculines, les races latines et slaves sont éminemment féminines. Quand on y regarde de près, on s’aperçoit que leurs querelles sont surtout des querelles de sexe. Au sud de l’Europe, les trois grandes sœurs latines, la France tenant par la main l’Italie et l’Espagne, sont comme maintenues par l’Angleterre et l’Allemagne.
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