Mathilde Alanic

Mathilde Alanic

Résumé

Portrait de Mathilde Alanic Mathilde Alanic Les souliers trop courts

Pauvre mère ! la misère où ils se débattent tous deux lui fait tant de peine pour son garçon, tandis que lui se désole pour elle !... Ils mettent le plus grand soin à se dissimuler leurs privations, à se tromper pieusement l’un l’autre ; et c’est une si grande tristesse pour la mère de soupçonner quel martyre endure son enfant avec ces abominables souliers que Georges, l’ayant surprise qui se détournait pour pleurer, s’efforce vaillamment de lui dissimuler son malaise.
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Portrait de Mathilde Alanic Mathilde Alanic Les souliers trop courts

Et il a raison : les brodequins sont d’une nature fruste et solide qui promet une longue durée !
N’en est-il pas d’ailleurs ainsi de toutes les choses déplaisantes ou détestées dont on souhaiterait se débarrasser promptement ?
Une souffrance sous un sourire, — une douleur secrète sentie à chaque pas, — des élans de jeunesse entravés par des causes misérables et ridicules... Pauvre petit Georges !... Je crois bien que le monde est rempli de gens qui cheminent toute leur vie — ainsi que toi — avec des souliers trop courts !
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Portrait de Mathilde Alanic Mathilde Alanic Les souliers trop courts

À chaque pas, cependant, Georges retient un gémissement. Quand ses doigts meurtris buttent au bout du soulier, le garçonnet croit que le cœur va lui manquer. Et tous les jours cela devient plus intolérable, son pied s’opiniâtrant à croître comme le reste de son corps, en dépit de sa dure compression, tandis que le cuir épais et serré qui l’emprisonne ne cède pas d’une ligne...
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