Résumé

Œuvre de Tchoang-tzeu/Chapitre 14…

C’est, lui dit celui-ci, la vertu des tigres et des loups. — Comment cela ? dit Tang. — Sans doute, dit Tchoang-tzeu ; les tigres et les loups n’aiment-ils pas leurs petits ? — Et la bonté suprême ? fit Tang. — La bonté suprême, répondit Tchoang-tzeu, consiste à ne pas aimer. — Alors, fit Tang, l’homme qui possède la bonté suprême, sera dépourvu de piété filiale ? — Vous vous trompez, dit Tchoang-tzeu. La bonté suprême est la bienveillance abstraite globale indifférenciée, qui n’est pas contraire aux bienveillances concrètes, déterminées, mais qui en abstrait.
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Œuvre de Tchoang-tzeu/Chapitre 14…

Il ne faut pas tirer à soi, exclusivement, les notions de bonté et d’équité, qui ont servi déjà à tant d’anciens. Il ne faut prendre de ces choses que sa part, et à son tour. Autrement l’on a tout le monde contre soi, car les autres aussi tirent à eux. Les anciens n’accaparaient rien. Ils ne tenaient qu’à une chose, à la liberté d’errer dans le vide, à la spéculation sans entraves, à être sans attaches et sans affaires. C’est ainsi qu’ils arrivaient à la connaissance du Principe, laquelle suppose ce détachement.
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Œuvre de Tchoang-tzeu/Chapitre 14…

Pour que la piété filiale approchât de la bonté suprême, il faudrait que le fils aimât sans envisager ses parents, et que les parents l’aimassent sans envisager sa personne. Aimer tout l’empire sans penser à lui, et en être aimé sans être connu de lui, approche davantage de la bonté suprême. Être plus bienfaisant que Yao et Chounn sans s’en rendre compte, faire du bien à tous sans que personne s’en doute, voilà la bonté suprême, semblable à l’influx inconscient du ciel et de la terre, qui fait tout évoluer spontanément.
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