Auguste Despuech

Élements biographiques

Auguste Despuech Le sort du capitaine de troisième classe… (1818)

J'ai six francs bien comptés, mais la petite somme !.
Je retourne au logis, et chagrin, Dieu sait comme.
Ainsi vous le voyez, cela faute d'argent, Je ne puis consulter même mon rudiment !
Ah ! le joli projet ! qu'il a pour moi de charmes !
Je veux, sans plus tarder, aller faire des armes.
Il est bon qu'un soldat sache tenir son fer, Et qu'il mette, avec art, son prochain en enfer.
Je cours trouver Darsis; c'est un fort galant homme, Il apprend à tuer pour la petite somme De six francs, tout au plus, ce n'est pas trop par mois ; En garde, Capitaine, et fendez-vous deux fois.
Source : Gallica

Auguste Despuech Le sort du capitaine de troisième classe… (1818)

Un frac de drap bleu-gris, un pantalon d'Elbeuf, Et bien chaussé, vêtu des pieds jusqu'à la tête, Je dispose mon tems d'une manière honnête.
Je cultive les arts, je chante les guerriers , Je ceins leurs nobles fronts de glorieux lauriers.
Les vertus de Louis enrichissent mes rimes , Je chante du malheur les royales victimes.
Je montre le soldat, qui , fidèle à son Roi, Pratiquant de l'honneur l'invariable loi, Et brûlant du désir de fournir sa carrière, A tous ses ennemis, fait mordre la poussière.
Que ne ferais-je pas avec douze cents francs !
Source : Gallica

Auguste Despuech Le sort du capitaine de troisième classe… (1818)

Mais bientôt remettant mes sens à la raison, J'emploîrais mon argent d'une bonne façon.
D'un pantalon trop bas je fais hausser les hanches , De mon habit percé je fais changer les manches; A ma capote hélas ! dont les pans sont tachés, Et dont les bras étroits sont presque détachés , J'accorde, sans appel, le droit aux invalides.
On doit récompenser les mérites solides.
Ma capote a servi par-delà deux hivers , Malgré le froid, le chaud, la poussière et les vers 5 Le matin et le soir elle a fait l'exercice ; Il faut qu'avec le tems tout cède et tout périsse.
Source : Gallica

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