Tullie Moneuse

Élements biographiques

Portrait de Tullie Moneuse Tullie Moneuse Régina (1838)

La pauvreté, l’amour, l’honneur, eussent été toute ma joie, si vous eussiez partagé cette joie. L’obscurité eût été à la convenance de mon cœur, j’eusse été fière de travailler avec vous, une laborieuse vie m’eût été facile, mêlée à la vôtre. L’idée de vous appartenir un jour me rendait orgueilleuse ! La pensée de votre amour et la certitude de mon affection pour vous me donnaient de la sécurité pour votre bonheur. Combien je me sentais forte et énergique pour défendre aux chagrins de vous approcher ; combien je me sentais résignée et patiente pour combattre les mauvais jours !
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Portrait de Tullie Moneuse Tullie Moneuse Régina (1838)

Oui ! le sarcasme aux lèvres, vous rirez de mes fragiles penchans, ou bien votre pitié dédaigneuse et sardonique se fera indulgente pour mon sexe et mon âge affamés de plaisirs ! Vous direz peut-être de moi : C’est une folle sans cœur ! Rynold, repoussez cette abjecte pensée, je vous l’ordonne ; plaignez-moi, je vous en conjure ; ne me jugez pas, je vous le défends !
Hier, n’avez-vous point remarqué mon courage stoïque en vous quittant ? n’avez-vous point compris qu’une barbarie si hardie cachait un horrible secret ?
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Portrait de Tullie Moneuse Tullie Moneuse Régina (1838)

La fatalité m’a frappée de sa verge de fer et mes blessures saigneraient sur vous, Rynold, si vous saviez jamais l’étendue de mon dévouement !...
... Mais non ! même à vos yeux, il me faudra passer pour inconstante et trompeuse !... Je verrai vos lèvres s’arquer de mépris en m’appelant : Madame la vicomtesse. Vous croirez, avec les gens aveugles, qu’un panache blanc, des épaulettes d’or et une croix à la place du cœur m’auront séduite, enivrée...
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