Debagori-Mokrievitch

Résumé

Debagori-Mokrievitch La Revue blanche

C’est pourquoi il trouvait que Locarno, situé à la fontière de la Suisse et de l’Italie, était un point qui lui convenait merveilleusement. C’était le centre révolutionnaire où les conspirateurs italiens venaient secrètement s’entretenir avec lui.
Le plan que Bakounine poursuivait alors était celui-ci : organiser une conspiration se composant d’hommes déterminés, prêts à se sacrifier, et qui se rencontreraient tous, à un moment donné, puis, en un lieu désigné, et l’arme à la main, effectueraient une révolte.
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Debagori-Mokrievitch La Revue blanche

Nous devons faire sans cesse des tentatives révolutionnaires, disait-il, dussions-nous être battus et mis complètement en déroute, une, deux, dix fois, vingt fois même ; mais, si, à la vingt-et-unième fois, le peuple vient nous appuyer en prenant part à notre révolution, nous serons payés de tous les sacrifices que nous aurons supportés.
Le deuxième jour après notre arrivée à Locarno, nous allâmes en bateau avec Bakounine visiter à proximité de la ville, une maison achetée en son nom, et qu’il voulait nous montrer.
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Mais, quelle fut mon émotion, lorsque, après avoir fini son exposé, Bakounine s’écria : — Eh, quoi ! ces Russes !... De tout temps ils ont prouvé qu’ils n’étaient qu’un troupeau ! À présent, ils sont tous devenus anarchistes ! L’anarchie chez eux est pour le moment à la mode. Qu’il s’écoule quelques années encore, et l’on ne trouvera plus un seul anarchiste parmi eux !
Ces mots se fixèrent dans ma mémoire et, souvent, après, ils se présentaient à mon esprit dans leur vérité prophétique...
Notre repas finit par un Bruderschaft et la conversation aborda des sujets ordinaires.
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