Francis Jammes

Francis Jammes

Résumé

Portrait de Francis Jammes Francis Jammes Une vierge

On est tout de même bien à temps pour se marier. Il vaut mieux ne pas se marier trop jeune. On reste comme ça plus longtemps avec sa mère.
Ainsi raisonne la jeune fille dans ce même jardin où l’on vint l’appeler quand son aïeule mourut, il y a dix ans, par cette matinée si limpide qu’elle n’existait presque pas ; où l’œil cherchait en vain, au-dessus de lui, un nuage dans la lumière, sœur de l’eau pure ; où le verger d’un rose pâle ressemblait à une constellation et à un grand madrépore ; où elle avait seize années dans le cœur aussi bien qu’un nid a des fauvettes.
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Portrait de Francis Jammes Francis Jammes Une vierge

C’est la grand’mère de Madeleine, la maman de sa maman, que l’on vient de trouver morte dans son lit. Et les abeilles continuent de bourdonner dans le verger où la jeune fille n’est plus.
Bonne-maman morte ressemble à l’hiver. Madeleine pleure, pleure comme le rameau de la vigne, et elle ne peut faire autrement que de ressembler au mois d’avril. Dès que la mort de la chère vieille est connue au village, tout le monde vient consoler Madeleine et sa mère qui est veuve.
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Portrait de Francis Jammes Francis Jammes Une vierge

Est-ce que la femme a jamais été faite pour gagner sa vie autrement que par l’austère et doux travail manuel, celui de la petite commerçante, de la paysanne ou de la couturière, qui, derrière la vitre de la ferme, voyait l’étoile du soir se lever ? Ah ! monde renversé ! monde sans foi ni loi qui paralyse l’épouse et la mère, qui ne lui demande plus le pain du ménage, la douceur des plumes sur la couvée, mais l’argent quand même !
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