Résumé

G. Gaulard Guilleri, histoire d'un cheval… (1888)

Au lieu de se dire qu'il avait été méchant et de ne plus recommencer, Guilleri ne rêvait que malices nouvelles.
Il renversait ses fagots, ou, quand il allait au marché, il prenait le grand galop avec les canards, les œufs, les lapins et la fermière qui criait.
Lui riait, trouvant cela très drôle.
Mais un jour que la fermière, en tombant du méchant animal, s'était
fait une grosse bosse au front, son maître le regarda sévèrement et lui dit : « Puisque tu ne veux pas vivre en paix auprès de nous, et travailler comme toute la famille, tu vas partir pour la guerre. »
Source : Gallica

G. Gaulard Guilleri, histoire d'un cheval… (1888)

Il essayait bien de se détacher et de se défendre, mais le tombereau était lourd, et les coups pleuvaient comme grêle sur son dos.
Le vieux Pelé avait beau lui dire : « Laisse-toi faire, laisse-les rire ; tout à l'heure, quand on s'arrêtera au tas d'ordure, c'est nous qui mangerons les trognons de choux et les épluchures, pendant que ces imbéciles manœuvreront au soleil. » Guilleri était honteux. Pelé tirait la langue aux officiers, mais on le méprisait.
La corvée de quartier recommença encore le soir, et, comme le matin,
tout le monde de rire.
Source : Gallica

G. Gaulard Guilleri, histoire d'un cheval… (1888)

Et, depuis ce jour, Guilleri, à jamais corrigé, comprit qu'il faut gagner l'avoine que l'on mange et se rendre utile à ceux qui ont soin de vous.
Il resta le fidèle ami du capitaine, qui gagna bien des batailles sur son dos, car il devint général, grâce à sa bravoure. Mais, un jour que les ennemis entraient en France pour prendre tout ce que nous avions, l'armée française se trouva écrasée par le nombre. Les ennemis arrivaient en masses profondes, et les soldats tombaient fauchés comme les épis.
Source : Gallica

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