Pierre-Joseph-Félix Denain

Résumé

Pierre-Joseph-Félix Denain Épisode des barricades de juin 1848 (1848)

Nous étions à la barricade Sainte-Avoye , la plus triste et la plus morne de toutes ; élevée dans une partie courbe de la rue, elle apparaissait comme un point, et elle devenait de plus en plus grande à mesure qu'on s'en approchait. Haute, peu inclinée, elle avait été édifiée avec le plus grand soin ; elle était par sa position d'obliquité hors du défilé du canon : il fallait immédiatement arriver près d'elle.
Le coeur se serre douloureusement à ces luttes intestines et barbares, où le sang répandu ne peut qu'exciter sans convaincre.
Source : Gallica

Pierre-Joseph-Félix Denain Épisode des barricades de juin 1848 (1848)

En passant rue Saint-Martin , un garde national vint me trouver : — Un homme, dit-il , vient d'être arrêté; il a un fusil et des munitions, mais point de papiers, et il ne peut ou ne veut donner aucune explication ; nous allions le fusiller, quand il vous a aperçu ; il se réclame de vous, capitaine : voulez-vous le voir ? Je m'approchai et je reconnus mon homme : — Laissez-le , dis-je au garde national, je jure sur l'honneur que c'est un brave et digne citoyen ; il a constamment combattu près de moi, et dans les moments les plus difficiles et les plus critiques.
Source : Gallica

Pierre-Joseph-Félix Denain Épisode des barricades de juin 1848 (1848)

La barricade, qui était une véritable citadelle, résista jusqu'au soir. La nuit arrivait avec l'orage ; chacun se recueillit un moment pour compter ses morts et soigner les blessés. Je regagnais le quartier-général établi à l'Hôtelde-Ville , centre d'opération de la ligne courbe que les insurgés avaient établie autour de nous, de la place Maubert , le faubourg Saint-Antoine , le faubourg du Temple, et dont l'autre extrémité venait jusqu'à nous par les rues Saint-Martin et Planche-Mibray.
Source : Gallica

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