Gabriel Maurière

Résumé

Gabriel Maurière Le Matin

Ses yeux, de bas en haut, suivent les bagages qui prennent place. Il n’en finit pas d’ailleurs de les ranger ; il rit de leur manque d’équilibre. Rien de cocasse, n’est-ce pas, comme ce chapeau qui ne veut pas tenir dans le filet :
— Quelle chute, mon père !
— Tiens-toi là et sois sage !
En disant ces mots, il tourne les yeux du côté de la voyageuse, avec l’air bêta de l’homme qui, pour plaire, veut à toute force être drôle et qui s’efforce et s’essouffle à plaisanter.
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Gabriel Maurière Le Matin

Un homme c’est la sécurité, la respectabilité. Au bras d’un homme on est madame une telle ; on serait bien moins petite dans le coin du compartiment ! Et elle a tant besoin de s’appuyer, de se frotter à quelqu’un !
Un grand jeune homme entra dans le wagon à Saint-Germain-des-Fossés. Le voici en face d’elle, rose et frais, la moustache soignée, le visage banal et régulier. Il a l’air satisfait, familier, jovial, d’un garçon qui se trouve partout en pays de connaissance.
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Gabriel Maurière Le Matin

Les mots ont fait leur œuvre d’union. Pouvoir extraordinaire de la parole humaine : en elle ces phrases vibrent, éveillent un vague contentement ; elle sent un poids de moins sur sa poitrine, semble-t-il, parce qu’on lui a parlé, parce qu’un homme jeune et qui a l’air heureux s’est occupé d’elle...
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