Fernand Hauser

Résumé

Fernand Hauser,  PIERROT

“ De rire comme vous, je suis vieux, j’ai cent ans
Bien sonnés, et je le vois si loin, le printemps,
Que, malgré moi, je suis jaloux de tous les jeunes,
Et puis, vous le dirai-je, et bien, les quelques jeûnes
Que je subis de temps en temps, me font rager,
Je maudis les richards, qui peuvent bien manger.
Et je me dis qu’ils sont ingrats, lorsque je pense
Que j’étais leur bouffon, et que pour récompense,
Ils me laissent mourir, sans me donner du pain !
MIKAEL, naïvement.
Serait-il vrai que quelquefois vous avez faim ?
PIERROT.
Si j’ai faim ?...
”
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Fernand Hauser,  PIERROT

“ À gauche, les quais et la Seine. Pierrot est assis sur une borne. Il est plongé dans une profonde rêverie. La lune est cachée dans les nuages, de sorte que la scène se trouve dans l’obscurité la plus complète. Pierrot est vêtu du costume légendaire.
SCENE PREMIERE
PIERROT, seul.
Voici l’hiver venu, les neiges s’amoncellent,
De temps en temps, je sens mes habits qui ruissellent,
Parce que je n’ai pas de toit, pour m’abriter,
Et pourtant, si quelqu’un eût dû le mériter,
Ce repos demandé par tous ceux qu’on vénère,
N’est-ce pas moi, le vieux Pierrot, le centenaire ?
”
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Fernand Hauser,  PIERROT

“ Les riches ne sont pas plus riches que les gueux,
Le royaume du Ciel est pour les malchanceux,
Il est pour moi, j’y vais...
D’un ton prophétique.
- Enfant, je vous rends grâce,
De toutes vos bontés... votre front, que j’embrasse,
Un jour, sera chargé de lauriers !...
MIKAEL, avec une douleur contenue.
Mais la mort
Est encor loin de vous, essayez d’être fort,
Monsieur Pierrot, marchez, dans un petit quart d’heure
Nous pouvons arriver jusqu’à notre demeure,
Venez, je vous soutiens, vous vous reposerez
Chez nous, et vous serez soigné, vous guérirez.
PIERROT, tressaille.
”
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