Pierre Reverdy 

Résumé

Pierre Reverdy ,  Étoiles peintes

“ Le temps est lourd, les yeux, les étincelles éclairent la nuit noire ou la lueur du film — cette lueur qui n’est pas encore dans sa tête.
Un nuage de suie se gonfle, avalanche de coton sans eau, la maison se gonfle aussi, la poitrine, les arbres se gonflent et la tête est perdue.
La peau — sous les tiges de feu — ruisselle — et l’eau s’écarte de la masse d’huile qui glisse, qui joue — les gonds de la plus grande porte qui tourne. Le ciel fendu — le fil descend — l’éclair. Le monde à sa lueur est à peine entrevu.
”
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Pierre Reverdy ,  Étoiles peintes

“ C’est une véritable armée en marche ou bien un rêve — un fond de tableau sur un nuage.
L’enfant pleure ou dort. Il regarde ou rêve.
Le ciel est encombré par toutes ces armées. La terre tremble. Les chevaux glissent le long de l’eau.
Et le cortège glisse aussi dans cette eau qui efface toutes ces couleurs, toutes ces larmes. LES MUSICIENS L’ombre et la rue dans le coin où il se passe quelque chose. Les têtes attroupées écoutent ou regardent. L’œil passe du trottoir à l’instrument qui joue, qui roule, à la voiture qui traverse la nuit.
”
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Pierre Reverdy ,  Étoiles peintes

“ Dans le clocher qui déchire l’air de sa pointe brillante les notes sonnent et déjà la rumeur matinale s’élève dans la rue ; l’unique rue qui va de la rivière à la montagne en partageant le bois.
On cherche quelques autres mots mais les idées sont toujours aussi noires, aussi simples et singulièrement pénibles. Il n’y a guère que les yeux, le plein air, l’herbe et l’eau dans le fond avec, à chaque détour, une source ou une vasque fraîche.
”
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