Résumé

Portrait de Alfred Jarry Alfred Jarry La Peur chez l’Amour

La peur. — Oh ! ce mur, ce mur qui monte jusqu’au ciel et qui bouche l’espace !
L’amour. — Il y a, derrière, une armée qui attend des ordres pour me proclamer roi... ou me fusiller. Je l’ai fait bâtir afin de ne pas être troublé par la perspective.
La peur. — On entend le bruit de l’Océan.
L’amour. — C’est le vent dans l’allée, joint au passage des omnibus transatlantiques.
La peur. — L’espion reflète des nuages qu’on ne peut pas apercevoir puisque le ciel est fermé. On dirait une âme de nègre qui rêverait de formes blanches. Je suis terrifiée par cet espion.
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Portrait de Alfred Jarry Alfred Jarry La Peur chez l’Amour

Elle s’appuie sur un mai d’une blancheur d’hostie, un mai qui a le corps d’un homme souple, et, membres à membres, vagues à vagues, frissons de peau à frissons de peau, la Mer essaye d’envahir l’Amour, et l’Amour essaye de résister à la Mer.
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Portrait de Alfred Jarry Alfred Jarry La Peur chez l’Amour

La peur. — En venant chez toi j’ai traversé un boulevard, désert jusqu’à l’infini, et j’ai longé un grand mur, un mur si haut et si long qu’au-dessus on apercevait les cimes de quelques arbres comme, à peine, des houppettes de clowns. Je suis certaine que derrière ce mur il y a un cimetière.
L’amour. — Il y a toujours un cimetière derrière un mur.
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