Germain Nouveau,
Revue du monde nouveau
“ Un soir pourtant, au chevet de sa mère agonisante, deux longues larmes coulèrent bien sincèrement du fond de ses yeux creusés par l’idée fixe, mais elles se perdirent en vain dans les plis railleurs de ce damné sourire. Et deux jours après, malgré sa robe de deuil, les passants la purent voir, à travers les vitres, qui souriait toujours derrière les balances de sa boutique, auxquelles son doigt imprimait une oscillation machinale. Et la sourieuse (c’est ainsi que les gens du pays la surnommèrent ) vécut encore ; longtemps, supportant sans oser se plaindre tout le poids d’une existence maudite. ”
