Léon de Saint-François

Résumé

Léon de Saint-François Pathologie de l'épicier (1841)

Autre part, à la ville, ce n'est pas plus l'épicier du village que l'épicier de Paris, c'est une affreuse mixture de tout cela.
L'épicier alors, n'est plus ni souffreteux ni timide, il est fier de lui-même, de son épouse et de son état. Il est ventru et réjoui, n'ayant point d'ennemis secrets, désireux de lui faire arriver de la peine. Il vend des chandelles, du chocolat, des montres, des bottes sans coulure, des pâtés de Chartres et des plumes de fer.
Il rougirait de fourrer son bras nu dans un tonneau de mélasse, et c'est à peine
il se permet de servir une livre de change.
Source : Gallica

Léon de Saint-François Pathologie de l'épicier (1841)

Il est assez discret pour en rire tout seul.
Il ne craint personne, et pourrait nuire à tout le monde, s'il en avait l'envie; ce qui n'empêche pas que chacun vienne lui raconter ce qu'il a appris, En dernier mot, l'épicier est généralement inoffensif et incapable de tuer seulement une mouche qui ne l'aurait pas offensé ; ce qui tend à détruire les assertions de quelques méchants qui ont essayé de lui nuire dans l'esprit public.
En somme, nous croyons fermement qu'il vaut mieux, pour toute personne qui ne jouit pas d'une indépendance complète, être l'ami de son épicier que son ennemi.
Source : Gallica

Léon de Saint-François Pathologie de l'épicier (1841)

Il faut le grand luxe pour le regard luxueux des belles acheteuses.
Mais l'épicier qui a une boutique presque sale, l'épicier qui fait le commerce des denrées coloniales les plus malpropres, les plus incommodes, mais les plus utiles de toutes ; Cet épicier n'a que faire d'un comptoir recouvert de pourpre. Il aime poser partout ses doigts huileux, sans craindre de rien salir. Il ignore l'élégance et hait le luxe, comme un bourgeois.
Ce qu'il lui faut, et ce qu'il a,
C'est un comptoir solide, un comptoir ̃
en chêne, quelquefois même en acajou.
Source : Gallica

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