Résumé

Portrait de Gottfried Wilhelm Leibniz Gottfried Wilhelm Leibniz Sur le livre d’un antitrinitaire anglais

Je n’ose pour tant pas porter la comparaison assez loin, et je n’entreprends point d’avancer que la différence qui est entre les trois personnes divines, n’est plus grande que celle qui est entre ce qui entend et ce qui est entendu, lorsqu’un esprit fini pense à soi, d’autant plus que ce qui est modal, accidentel, imparfait, et mutable en nous, est réel, essentiel, achevé et immuable en Dieu.
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Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, et le Saint-Esprit est Dieu, et l’un de ces trois n’est pas l’autre, et avec tout cela, il n’y a pas trois dieux, mais un seul ; cela pourrait paraître une contradiction manifeste ; car c’est justement en cela que consiste la notion de la pluralité. Si A est C, et B est C, et si A n’est pas B, ni B n’est pas A, il faut dire qu’il y a deux C, c’est-à-dire : si Jean est homme et si Pierre est homme, et Jean n’est pas Pierre, et Pierre n’est pas Jean, il y aura deux hommes, ou bien il faut avouer que nous ne savons pas ce que c’est que deux.
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Il ne suffit pas non plus de dire que le Père, le Fils et le Saint— Esprit diffèrent par des relations semblables aux modes, tels que sont les postures, les présences ou les absences. Ces sortes de rapports attribués à une même substance ne feront jamais trois personnes diverses existantes en même temps. Ainsi je m’imagine que ce M. S-ht, quel qu’il puisse être, ne se sera point contenté de cela. Il faut donc dire qu’il y a des relations dans la substance divine, qui distinguent les personnes, puisque ces personnes ne sauraient être des substances absolues.
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