Victor de Laprade

Victor de Laprade

Résumé

Portrait de Victor de Laprade Victor de Laprade La Source éternelle

Lui seul veut, souffre, expie.
Qui voit l’esprit frémir sous ta face est menteur,
Qui t’adore est impie.
Dans ce bruyant vallon, rien n’a de vie, hors moi ;
Tout est forme éphémère ;
Et j’étais insensé quand j’allais, plein de foi,
Dire au chêne : Mon frère !
Rien n’est pensée au fond des forêts où j’entends
La parole suprême ;
Rien n’est amour ni joie en tes fleurs, ô printemps !
O toi par qui l’on aime !
Cependant écoutez : — Sur le chemin du cœur
Il est des jours de vide
Où, dans l’or le plus pur, toute humaine liqueur
Trompe la lèvre avide
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Portrait de Victor de Laprade Victor de Laprade La Source éternelle

La nature est vivante ;
L’infini coule en elle et t’abreuve, en tout lieu,
De joie et d’épouvante.
Oui, c’est Dieu qui circule en cet immense corps,
Dans la moindre corolle ;
Ces formes, ces couleurs, ces parfums, ces accords,
Tout n’est que sa parole.
Cette parole vit ; c’est l’âme, c’est la voix
De toute créature ;
C’est l’amour que tu sens, la beauté que tu vois
Au fond de la nature.
Cherche donc le désert quand tu vas poursuivant
L’esprit qui renouvelle,
Poëte, et, chaque été, plonge-toi plus avant
Dans la source éternelle !
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Portrait de Victor de Laprade Victor de Laprade La Source éternelle

Le désert t’a rendu cette vertu d’aimer
Que l’homme t’a ravie...
Et l’on nie à ce sein qui t’a pu ranimer
D’avoir en soi la vie !
Il répare en un jour ces longs mois où l’ennui
Appauvrissait ta muse.
Tout s’accroît au désert, tout s’engendre de lui
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