Victor de Laprade,
La Source éternelle
“ Lui seul veut, souffre, expie. Qui voit l’esprit frémir sous ta face est menteur, Qui t’adore est impie. Dans ce bruyant vallon, rien n’a de vie, hors moi ; Tout est forme éphémère ; Et j’étais insensé quand j’allais, plein de foi, Dire au chêne : Mon frère ! Rien n’est pensée au fond des forêts où j’entends La parole suprême ; Rien n’est amour ni joie en tes fleurs, ô printemps ! O toi par qui l’on aime ! Cependant écoutez : — Sur le chemin du cœur Il est des jours de vide Où, dans l’or le plus pur, toute humaine liqueur Trompe la lèvre avide ”
