Édouard Pailleron

Édouard Pailleron

Résumé

Portrait de Édouard Pailleron Édouard Pailleron Histoires tristes

Et sont nées
Et mortes en un jour ainsi que font les fleurs !
Ah! baisers à l’évent! cœur qui flambe ! œil qui brille!
Grelot dans un lilas! beau rire de métal!
Trésors des premiers ans, comme l’on vous gaspille!
Mais si le rire est doux, le réveil est brutal...
Pauvre fille,
Qui songe à toi peut-être en son lit d’hôpital!
Celle que tu nommais jadis ta bien-aimée.
Car, ne fût-ce qu’un jour, tu l’as ainsi nommée,
N’a peut-être pas même une si douce fin.
Y songes-tu parfois qu’elle peut avoir faim?
Affamée!
Elle qui t’a donné le pain de l’âme enfin!
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De l’homme que l’acier vorace happe et froisse.
Il se sentait tirer, aspirer et presser.
Et songeait, haletant, que tout allait passer...
Enfin le magistrat s’arrêta, fit un geste,
Regarda ses voisins et d’une façon leste
Prononça quelques mots dans le bruit ; c’était fait !
Condamné ! Mais cela n’en fit pas plus d’effet ;
Personne pour si peu ne détourna la tête;
L’homme seul recula, fléchit comme une bête
Qu’on assomme, et sortit hagard, muet, perclus.
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