Résumé

Étienne Eggis La nostalgie de l’artiste

Des plaines trop longtemps j’ai foulé les limons,
Rendez-moi, sur les pics, le soir, le ranz des vaches,
Les bœufs vers l’abreuvoir bondissant sans attaches,
Rendez-moi les grands prés où paissent les brebis,
La jatte de lait chaud, le savoureux pain bis,
Au bord des bois fleuris la mousse et la bruyère,
Rendez-moi le soleil de ma verte Gruyère,
Rendez-moi la montagne ou bien je vais mourir.
Oh ! c’est que sur ses flancs j’aimais tant à courir !
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Étienne Eggis La nostalgie de l’artiste

Oh ! le mal du pays, amis, fait bien souffrir !
IV
Mais dans mon cœur malade une pensée ardente
Arrête les sanglots et calme la douleur,
Car je veux que la foule à ma voix fécondante
Retrouve la croyance à côté du malheur ;
Pour exhaler, là haut, seul, son hymne épurante,
Le poëte aujourd’hui ne doit plus sur les monts
Porter, roi sans sujets, sa harpe murmurante,
Loin des fleuves humains qui traînent leurs limons.
Il doit rester en bas.
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