Auteur : André Theuriet

Élements biographiques

Auteur : André Theuriet Revue des Deux Mondes

La Forêt, poésie et parfum de la terre.
Au plus profond des bois la Patrie a son cœur ;
Un peuple sans forêts est un peuple qui meurt.
Pour que les nôtres soient plus belles et plus grandes,
Conservons la futaie, ensemençons les landes
Et les versans rongés par la dent des troupeaux
Où les rocs décharnés percent comme des os.
Et puissent nos enfans voir, aux saisons futures.
Les chênes et les plus aux robustes ramures
Onduler sur la plaine et moutonner dans l’air,
Pareils aux flots mouvans et féconds de la mer !
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Auteur : André Theuriet Revue des Deux Mondes

Puisque nous voilà tous, en la saison des nids,
Comme une Théorie antique, réunis
Sous le dôme feuillu de la forêt tranquille,
Jeunes ou vieux, enfans des bourgs ou de la ville,
O mes amis, chantons les arbres et chantons
La majesté des bois sonores et profonds.
Voici le temps où leur royaume se décore
De plus de poésie et de grâces encore :
— Les taillis sont fleuris et verts comme un jardin,
Le regard réjoui plonge ainsi qu’en un bain
Dans l’épaisseur de l’herbe et la fraîcheur des combes
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Auteur : André Theuriet Revue des Deux Mondes

Ils font du sol natal la force et la beauté ;
Que chacun d’eux par nous soit dignement chanté :
Loués soient les grands plus dont les aiguilles grises
Soupirent comme un luth plaintif au vent du soir,
Et les sapins pareils à des flèches d’églises,
Qui répandent dans l’air une odeur d’encensoir.
Louons les chênes fiers et branchus !... Sous leur voûte,
À midi, le soleil glisse à peine un trait d’or
Fugace ; l’eau du ciel y filtre goutte à goutte
Et la source à leurs pieds noueux prend son essor.
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