Charles Augustin Sainte-Beuve

Charles Augustin Sainte-Beuve

Résumé

Portrait de Charles Augustin Sainte-Beuve Charles Augustin Sainte-Beuve Causeries du lundi, V

« Il nous coûte si cher, dit-elle en se souvenant d’Eve, d’avoir voulu apprendre la science du bien et du mal, que nous devons demeurer d’accord qu’il vaut mieux les ignorer que de les apprendre, particulièrement à nous autres qu’on accuse d’être cause de tout le mal... Toutes les fois que les hommes parlent de Dieu sur les mystères cachés, je suis toujours étonnée de leur hardiesse, et je suis ravie de n’être pas obligée de savoir plus que mon Pater, mon Credo et les Commandements de Dieu. » Madame de Motteville suit exactement la ligne que Bossuet traçait en ces matières.
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Portrait de Charles Augustin Sainte-Beuve Charles Augustin Sainte-Beuve Causeries du lundi, V

À la mort du cardinal et du roi, l’un des premiers soins de la reine fut de rappeler auprès d’elle ses anciens amis disgraciés pour l’amour d’elle, et madame de Motteville fut du nombre ; elle fut dès lors attachée à la reine moins encore comme femme de chambre (elle en avait le titre) que comme l’une des personnes de sa conversation et de son intimité.
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Et d’ailleurs, si madame de Motteville, se tenant à son rôle de femme, ne disant que ce qu’elle a appris par elle-même ou de bonne source, n’essaye pas de pénétrer les secrets du cabinet (dont elle devine pourtant très-bien quelques-uns) , elle nous peint au naturel l’esprit général des situations et le caractère moral des personnages : c’est ce côté durable que le temps a dégagé en elle, et qui la place désormais à un rang si distingué et si bien établi.
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