Résumé

Portrait de Clair Tisseur Clair Tisseur Les Vieilleries lyonnaises

Il y a des types que l’on rencontre à Lyon, non ailleurs ; mais, pour les pénétrer et les juger, il faut avoir vécu sa vie avec les personnages. Ceux que Mme Blandy a voulu retracer, non sans quelque intention épigrammatique, ne sont pas plus Lyonnais que Parisiens ou Lillois. Dans leur pâle modelé à l’estompe, il manque de ces traits de crayon, fermes, creusés, qui accusent la physionomie. Il ne suffit pas de dire d’un négociant que « son unique pensée, c’est sa fabrique » ; d’un jeune homme, « qu’il sait toujours sacrifier le goût le plus vif à une occasion de mariage ; »
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Mme Blandy va même jusqu’à montrer quelque étonnement de ce qu’elle croit être chez nous un excès de patriotisme local.
Lyon, dit-elle, est plein d’honnêtes gens, de gens instruits, intelligents même parfois, qui poussent jusqu’au culte, jusqu’à la dévotion, l’amour de leur vieille cité. D’autres villes sont plus illustres, plus pittoresques ou plus gaies que Lyon ; nulle n’est plus aimée. Ce n’est pas comme l’on aime généralement sa patrie que les indigènes des Terreaux, des Brotteaux ou de Perrache chérissent leur ville ; ils ont pour elle la faiblesse d’un amant pour sa maîtresse
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Mme Blandy fait dire à l’un de ses personnages : « Nous sommes gens pratiques, gens d’affaires, c’est entendu ; mais qui ne voit que ces dehors ne nous connait pas bien. Ces qualités du terroir se combinent en nous avec une propension à l’enthousiasme... La plupart de ces commerçants-nés que l’on trouve à Lyon sont de pensée active et chaude sous les dehors que vous savez ; quelques-uns d’entre eux vont même jusqu’aux utopies... »
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