Eugène Castillon de Saint-Victor

Résumé

Eugène Castillon de Saint-Victor Mes adieux au monde et à la Société d'archéologie… (1841)

Pourquoi seriez-vous étonné, Ne connaissant pas mon allure, Du langage passionné Dont je plains ma mésaventure?
Permettez-donc, censeur banal, Au malheureux un innocent murmure, Surtout s'il est dans sa nature De crier haut au moindre mal.
Chacun ressent à sa manière Peines de cœur, peines d'esprit, Et la douleur est une créancière Qui ne nous fait jamais crédit.
Le malheur n'épargne personne , Chaque souffrance a son cachet ; Le jeune enfant perd un hochet, Le potentat une couronne ; L'un pleure et gémit, l'autre tonne ; Et selon moi le vain colifichet Mérite autant de regret que le trône.
Source : Gallica

Eugène Castillon de Saint-Victor Mes adieux au monde et à la Société d'archéologie… (1841)

Vous y verrez souffrir avec courage Un philosophe bien goutteux, Que la douleur a rendu sage Et que l'amitié rend heureux : Vous pourrez y voir, par vos yeux, Que, malgré la goutte ennemie, On peut avoir de doux loisirs; Et que la clémence infinie Du Dieu dont la main nous châtie, Ménage encor quelques plaisirs Au crépuscule de la vie.
Source : Gallica

Eugène Castillon de Saint-Victor Mes adieux au monde et à la Société d'archéologie… (1841)

Adieu ! —Désormais inutile, Je ne pourrais, d'un vol débile, Suivre l'essor de vos jeunes aiglons, Dont l'aile, élégante et facile, Devance les vifs aquilons: La science la plus subtile, Pour eux n'a plus de secret trop profond ; Et déjà, sous leur main habile, Le sol ingrat devient fécond.
Loin d'eux il faut que je m'exile ; Mon labeur, devenu stérile,
Ferait avorter la moisson.
Source : Gallica

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