Claude-Joseph Dorat,
Les Baisers
“ Il goûtoit à longs traits le bonheur d’être aimé. Aux lèvres de Cypris son ame suspendue, Loin de ces jeux sanglans qui font couler nos pleurs, De transports en transports fugitive, éperdue, Se reposoit en paix sous des voûtes de fleurs. De folâtres amours endossent son armure ; D’autres, plus assidus autour de nos amans, Balancent sur leur tête un berceau de verdure, Leur ménagent l’abri de cent myrthes naissans, Et de leur fraîche haleine embaument la nature. Le ciel est plus serein, la lumière plus pure : L’air comme un feu subtil coule dans tous les sens. ”
