Claude-Joseph Dorat

Claude-Joseph Dorat

Résumé

Portrait de Claude-Joseph Dorat Claude-Joseph Dorat Les Baisers

Il goûtoit à longs traits le bonheur d’être aimé.
Aux lèvres de Cypris son ame suspendue,
Loin de ces jeux sanglans qui font couler nos pleurs,
De transports en transports fugitive, éperdue,
Se reposoit en paix sous des voûtes de fleurs.
De folâtres amours endossent son armure ;
D’autres, plus assidus autour de nos amans,
Balancent sur leur tête un berceau de verdure,
Leur ménagent l’abri de cent myrthes naissans,
Et de leur fraîche haleine embaument la nature.
Le ciel est plus serein, la lumière plus pure :
L’air comme un feu subtil coule dans tous les sens.
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Portrait de Claude-Joseph Dorat Claude-Joseph Dorat Les Baisers

L’ombre enfin de Henri, cette ombre auguste et chere,
De la nymphe d’Anet semble adorer les lois
Dans ce bosquet riant et presque solitaire,
Où les ordres du ciel ont placé les bons rois.
Ces champs à ton aspect s’embelliront encore ;
Le jour qui les éclaire en deviendra plus doux ;
On n’aura jamais vu tant de myrtes éclore ;
Le cercle des heureux s’ouvrira devant nous ;
Nous leur demanderons le prix de la tendresse,
Amans ainsi que nous, ils liront dans nos yeux
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Portrait de Claude-Joseph Dorat Claude-Joseph Dorat Les Baisers

L’amour soumet la terre, assujettit les cieux,
Les rois sont à ses pieds, il gouverne les dieux,
Il mêle en se jouant des pleurs à l’ambroisie,
Il est maître absolu : mais Thaïs aujourd’hui
L’emporte sur les rois, sur les dieux et sur lui.
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