Ernest Raynaud

Ernest Raynaud

Résumé

Portrait de Ernest Raynaud Ernest Raynaud Chairs profanes

Quand un beau jour les deux mains en ombre à leur front
Sur la route qui va se perdre, elles verront
Boiter au loin leur pas alourdi vers les villes
D’où ne leur viendra plus que le chant des clairons.
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Dans ces faces qu’empourpre une ivresse bénigne
Un rire s’ouvre au long des bouches, sur les dents
Blanches, un rire doux, fleur tendre de la vigne
Où le vin lascif comme un bélier se signe
Lui, qui fait luire entre les cils, les yeux ardents.
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Portrait de Ernest Raynaud Ernest Raynaud Chairs profanes

Malgré tout le mépris que j’inspire et les blâmes
Qu’on me jette en passant comme autant de cailloux,
N’ai-je pas tout le dévouement des saintes femmes ?
Mes rideaux sont un mur qui me cloître et jamais
Mes yeux n’ont le bonheur de voir errer les nues
Floconneuses parmi le ciel des tendres Mais
Sous les feuillages frissonnants des avenues,
La migraine me ceint de ronces, et les coups
Que je reçois au sein de l’amoureuse lice
Mieux qu’un rosaire me flagellent les genoux ;
La crainte du mal qui m’épie est mon cilice.
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Portrait de Ernest Raynaud Ernest Raynaud Chairs profanes

Ces parfums d’herbe en fleur, tout t’exalte en silence.
Ne regarde plus les dômes d’or, les contours
Si grêles sur le soir orange qu’ont ces tours,
Va ! nos fronts sont plus haut dans le ciel que ces choses.
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